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Venise

Comprendre la structure et le fonctionnement de la République de Venise pourrait contribuer à une approche pragmatique de l’Etat de l’Atakora et de son administration. L’institution républicaine occidentale qui a eu le plus de pérennité dans sa stabilité (un millénaire) offre en effet des points de similitude frappants avec l’Atakora, même si les éléments de divergence paraissent, eux aussi, fondamentaux.

En effet, la République de Venise ou la Serenìsima Repùblica Veneta était, dès le Moyen-âge un Etat laïc et prospère. Sa position géographique faisait d’elle une plaque tournante du commerce mondial, un carrefour international de la culture, malgré la petite taille de la cité. Cette prospérité partagée était soutenue par des institutions démocratiques complexes à tendance oligarchique mais toujours antimonarchiques, avec une grande liberté d’expression. Ces institutions étaient directement inspirées par La République de Platon.

Le pouvoir d’Etat était détenu par le Grand Conseil. C’était l’organe suprême de décision. Il était composé des hommes de plus de vingt-cinq ans appartenant aux familles d’origine patricienne. Il se réunissait tous les dimanches et prenait toutes les décisions de l’Etat : nomination des hauts magistrats, élection du sénat, promulgation des lois, élection du doge, du collège et de commissions diverses chargées de missions bien déterminées : Conseil des dix (équivalent à une haute cour de justice dont les prérogatives peuvent aller jusqu’à la destitution du doge, et composé en réalité de 17 membres), le Collège (composé de 26 nobles qui enregistrent et répartissent les requêtes et mémoires)…

Le sénat composé de 120 à 250 membres, émane de ce Grand Conseil. Il est l’organe législatif mais est également chargé de la politique extérieure.

Le doge, était un fonctionnaire choisi dans une famille patricienne pour assurer à vie la représentation et l’administration de l’Etat, même si plusieurs cas de démission ont été enregistrés au cours de l’histoire. C’est l’équivalent actuel du premier ministre, mais dont les privilèges n’ont cessé de décroître puisque, de toute façon, c’est le Grand Conseil qui commande.

La non appropriation de la République par un président accentue chez les citoyens, qu’ils fassent partie ou non de la noblesse, un esprit républicain qui peut se traduire, selon les conceptions et les tendances personnelles par plus ou moins de responsabilité dans la destinée commune. C’est-à-dire que chaque citoyen considérait Venise comme sa propriété personnelle qu’il tient à garder telle quelle ou à faire grandir davantage. Ainsi, il est arrivé que des dames de la noblesse soient peu favorables à certaines guerres, Venise, à leurs yeux pouvant se contenter de la cité et laisser leur mari à leurs côtés. Et il est aussi arrivé qu’une courtisane s’offre au roi de France pour solliciter son aide contre l’annexion de Chypre par les Turcs. Cette femme, Veronica Franco, est d’ailleurs personnalité d’honneur de la République de l’Atakora.

L’écart relativement raisonnable entre les personnes les plus riches et les autres a été analysé comme une des raisons de la stabilité de Venise. Il ne faut toutefois entendre par là qu’il n’y avait pas de pauvres véritablement pauvres, dont les possibilités d’actions sont assez limitées malgré la grande liberté d’expression citoyenne comme n’en connaîtra certainement nulle autre nation européenne.

 

 

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