Anticipation Logique Elaboration Action

…Tous des Guinéens !

12/10/2015 19:26

 

« Le meilleur, c’est que, dans les conditions de communauté de destin et de possible société-monde, nous puissions envisager la Terre comme patrie, sans que cette patrie nie les patries existantes, mais au contraire qu’elle les englobe et les protège. » Edgar MORIN

    La formule est cinglante : « Peulhs, Soussous, Malinkés, nous sommes tous des Guinéens ! » Ainsi s’exprime, avec force émotion, sur RFI (Radio France Internationale), à deux jours de l’échéance, un citoyen guinéen qui tente généreusement de calmer les esprits surchauffés,       à l’approche de l’élection présidentielle du dimanche 11 octobre 2015…

    La problématique est là : mettre en sourdine l’identité du Peulh, l’identité du Soussou, l’identité du Malinké, au profit de l’identité guinéenne. Diantre ! A quoi répond-elle cette identité guinéenne, sinon à l’intégration évasive – dans la conscience du Peulh, du Soussou, du Malinké – d’une identité fictive aléatoire inventée – il y a cent-trente ans - par l’ordre prédateur ?[1] Pour que naisse une identité guinéenne, suffit-il donc d’une citoyenneté guinéenne hardiment forgée sur une tonitruante « Indépendance » de la Guinée ?[2]

    Désastre : les populations de Guinée aspiraient à l’indépendance des peuples de Guinée ; elles furent court-circuitées par l’indépendance de la Guinée ! Depuis lors, le citoyen guinéen peulh, soussou, ou malinké, espère convertir en citoyen guinéen peulh, soussou, ou malinké, tout citoyen guinéen ! Grande dialectique générale : il en va ainsi chez les peuples des Etats coloniaux du monde… et d’Afrique. Dans ces Etats, - où triomphe superbement la République monarchiste, véritable fétiche, authentique Moloch qui se nourrit en permanence du sang de ses adeptes -, les élections demeurent un rituel mystificateur, éternellement piégées par la question des identités !...

Huenumadji AFAN

A suivre !...

BCCM/PS/CHRONIQUE/12102015



[1] Cf. La Conférence de Berlin.

[2] La citoyenneté est la marque politico-administrative infligée à l’individu, et qui n’a rien à voir avec l’identité socioculturelle dont il peut se prévaloir. Cette marque se matérialise par le passeport ou la carte d’identité dite nationale. 

 

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