Anticipation Logique Elaboration Action

TOGO : LA DENT D’OR…

06/12/2014 13:11

 « Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée à la dent, avec beaucoup d’adresse : mais on commença par faire des livres, et puis on consulta l’orfèvre. »  

FONTENELLE, Histoire des oracles

     Le Togolais moyen est fier d’une chose, irrémédiablement fier : il est fier de son « indépendance », de l’ « indépendance » du Togo, l’ « or de l’humanité ». Seul Gnassingbé Eyadèma, apparemment, a su faire exception. Pas une seule fois, durant son long règne, il ne succomba à la tentation de fêter le 27 avril… Patatras ! Eyadèma s’est éteint, et est remise au goût du jour la grande supercherie, on redonne du lustre à ce gros mensonge d’ « indépendance »… Les préparatifs vont bon train ; des artistes sont importés de divers horizons afin que soit assuré aux populations un spectacle grandiose, à la mesure de l’ « événement ». Echo à la Commission nationale de réhabilitation de l’histoire du Togo, tout cela est fait, non pour être dans la vérité, mais pour donner des gages à l’adversaire politique. Laissez-moi tout de même vous dire une chose : fêtez, fêtez, joyeux Togolais ; sachez au moins que vous célébrez l’anniversaire d’une fausse couche, de quelque chose qui n’a jamais existé. Allez-y tout votre soûl, si cela peut vous consoler de vos frustrations…

    Qu’est-ce que le 27 avril ? –C’est le jour où la communauté internationale, sous couvert de l’ONU (Organisation des Nations Unies), a fondé l’embrouillamini politique au Togo, avec la complicité intéressée de la classe politique togolaise. Ce jour-là, en particulier l’opposition d’alors avait délibérément fait le choix d’un opportunisme cynique, consistant à s’appuyer sur un radicalisme populiste de surenchère, qui lui a permis d’ accéder au pouvoir en s’accommodant des conditions restrictives d’un gouvernement d’autonomie interne qu’elle avait pourtant dénoncées comme étant une trahison. Les élections législatives anticipées du 27 avril 1958, bien qu’elles fussent supervisées par l’ONU, ne pouvaient nullement conduire à l’indépendance-rupture consignée dans le slogan « ablodé » : elles s’inscrivaient dans la logique du referendum, juridiquement et politiquement déterminant, du 28 octobre 1956 par lequel le Togo a entériné la Loi-cadre française du 23 juin 1956, et définitivement basculé dans le giron de la France. En participant aux législatives du 27 avril 1958, la classe politique, contrairement à ce qu’elle laissait croire aux populations togolaises, a accepté la mise à mort de l’indépendance-rupture. Conséquence : indépendance-amitié négociée avec la France, camouflage de cette machination par la proclamation tonitruante d’une « indépendance-ablodé » de façade et, depuis lors, tentatives obliques désespérées de rupture de ce pacte originel… Et le bouquet : alors qu’ils savent pertinemment que le sort du Togo est juridiquement et politiquement lié à la France, les hommes politiques togolais, par calcul politicien, jouent à qui paraîtra le plus anti-France !

     Il faut savoir mettre fin à l’arnaque. Les Togolais doivent avoir honte de leur « dent d’or ». A cet égard, la Constitution doit être révisée : une date mérite de ne pas y figurer, la date du 27 avril, faux symbole d’une fausse résistance. C’est la condition minimale d’une vraie réconciliation politique au Togo.

Huenumadji AFAN 

A suivre !...

BCCM/PS/CHRONIQUE/11042006

 

© 2014 Tous droits réservés.

Créer un site internet gratuitWebnode