Anticipation Logique Elaboration Action

TOGO : … C’EST DONC TON FRERE !

06/11/2014 16:54

BCCM/PS/CHRONIQUE/23102002

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :

c’est-à-dire la justice, la  vérité, la  liberté. »

ETIEMBLE

« Le Front en appelle aux populations, singulièrement aux familles, aux collègues et amis des magistrats concernés […] à intervenir auprès d’eux pour les sauver du grand scandale auquel le Général Eyadèma veut les associer ». Telle est la conclusion de l’« APPEL DU FOYER PIE XII » que le « Front uni de l’opposition » a lancé le dimanche 1er septembre 2002 « aux magistrats impliqués dans le processus électoral anormal en cours ».

Si donc depuis lors tout continue à évoluer « anormalement », c’est que « les familles, les collègues et les amis » auraient échoué dans leur mission d’intervention  auprès des magistrats concernés ! Quelle bonne blague ! je préfère me rassurer que « les familles, collègues, amis » n’ont pas osé se couvrir d’indignité en cherchant à « intervenir » de quelque façon que ce soit !

N’ayons pas la mémoire courte : sous le parti unique, parti-Etat, ancienne formule, tout forfait imputable ou imputé à un citoyen était automatiquement inscrit au passif du groupe d’origine de ce citoyen. La famille, le clan, la tribu, l’ethnie, la région, devaient, ensemble ou à tour de rôle, aller faire amende honorable pour obtenir un pardon au profit du citoyen et de son groupe. C’était entendu : lorsque le père ou la mère a mangé du raisin vert, le fils ou la fille doit en avoir les dents agacées ; lorsque le fils ou la fille a mangé du raisin vert, le père ou la mère doit en avoir les dents agacées. Loi du péché originel, descendant ou ascendant.

Contre cet état de choses nous avons lutté, ou affirmons avoir lutté. Pour que soit incrusté dans nos mœurs le principe irrévocable qui établit le citoyen comme une entité individuelle. Le citoyen-individu est responsable tout seul de ses propres actes. Il ne peut se décharger sur autrui. Aucun citoyen ne peut être tenu de rendre compte des actes d’un autre citoyen... Par conséquent, que Petchelebia ou Assogbavi, président ou vice-président d’un comité de sept magistrats, accepte de s’impliquer dans un processus électoral, cela ne peut toucher, ni de près ni de loin, ni des collègues magistrats, ni des amis, ni la famille de l’un ou de l’autre !

On le sait : le loup, ayant épuisé tous ses arguments contre un agneau innocent qu’il se devait de condamner à tout prix, eut recours à un ultime subterfuge plus scélérat qu’accablant : si ce n’est toi, c’est donc ton frère. Demain, des membres des familles, des collègues, des amis, devront-ils répondre des actes des magistrats « impliqués dans un processus électoral anormal » ?

Méfions-nous des dérives !…

Somme toute, il revient aux populations de rester vigilantes ; et de méditer, avec intérêt sans doute, la formule suivante : « il faut donc se garder de prendre qui que ce soit pour un véritable « homme providentiel » auquel est due une soumission aveugle » (Missel de l’assemblée dominicale, Editions Brepols, 1997, p. 796).

           Huenumadji AFAN

A suivre !… 

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