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TIRS CROISES SUR LE CELIBAT DU PRêTRE :

06/11/2014 16:44

BCCM/PS/CHRONIQUE/19082002

Anticléricalisme et mythe du nègre baiseur

« Il y a un certain nombre de valeurs avec lesquelles je ne transige pas :

c’est-à-dire la justice, la  vérité, la  liberté. »

 ETIEMBLE

J’ai lu avec plaisir et admiration l’article du Père Sidbe SEMPORE, intitulé « Eunuques pour le Royaume… » publié dans la revue Eglise d’Afrique, n°3, Avril 2002. Cet article est frappant de pertinence, d’énergie et de conviction.

            D’aucuns ont facilement tendance à considérer la lancinante question du célibat des prêtres comme une question réservée, qui ne peut être traitée que par la haute hiérarchie cléricale, ou par des gardiens de la doctrine spécialement édifiés. Or, voici que cette question a été fatalement remise au goût du jour, et est tombée dans le domaine public en relation avec la problématique du VIH / SIDA évoquée avec force effusion ces dernières années, en même temps que la thématique du sexe en général, et le douloureux chapitre des abus sexuels. Du coup, et surtout à la faveur du culte du sensationnel délibérément entretenu par certains médias, le célibat du prêtre est (af)fiché comme grand agent causal des dérives liées à la sexualité. En l’occurrence, le nègre n’est-il pas un grand baiseur, et le nègre prêtre n’est-il pas ordonné pour être un super baiseur ?

            L’insinuation est pernicieuse et méritait d’être relevée. Ce qu’a fait avec beaucoup d’énergie et dans un ton incisif approprié le Père SEMPORE. Il est en effet devenu évident qu’on ne peut continuer à garder le silence face aux manœuvres méphistophéliques des réseaux racistes et anticléricaux qui ne ratent pas l’occasion de se saisir, pour leur maléfique entreprise de dénigrement, de faits parfois difficiles à attester. On le voit bien, la mythomanie est en marche, et il fallait la dénoncer.

            « Eunuques pour le Royaume… » nous ramène à la question fondamentale suivante : comment le prêtre vit-il son célibat ? Est-ce pour lui un fardeau ? Sans entrer dans un débat doctrinal qui chercherait à trancher si le prêtre doit se considérer comme un eunuque, j’estime, pour ma part, que, en vue d’être disponible pour le Royaume, le prêtre doit être célibataire et assumer pleinement son état, c’est-à-dire éviter tout ce qui peut faire obstacle à la disponibilité. Dès lors, je conçois que, pour le Royaume, le prêtre ne doit pas être marié, et qu’un marié ne doit pas être prêtre.

En clair : ce n’est pas par rapport à la question de la sexualité qu’il faut traiter du célibat du prêtre, mais par rapport à la question de l’exigence de disponibilité en vue du service pour le Royaume.

            Quant aux détracteurs, c’est l’Eglise qu’ils trouveront toujours une raison de  charger de tous les maux de la société des hommes, en faisant semblant de ne s’en prendre qu’au célibat presbytéral…

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            Vivre son célibat comme vivre son ministère dans son ensemble suppose que soit réuni pour le prêtre un minimum de conditions. L’article « Eunuques pour le Royaume… » à cet égard a mis l’accent sur un point capital : la responsabilité de l’évêque dans l’accomplissement de la mission du prêtre. J’aurais tant aimé que nos évêques lisent ou relisent ce passage de l’article : « la gestion de l’autorité épiscopale implique l’ouverture de cœur et d’esprit de l’évêque, une grande tolérance et une disposition permanente d’écoute et de compréhension à l’égard des prêtres. Une trop grande distance, un autoritarisme discriminatoire ou un désintérêt pour les conditions de vie du prêtre peuvent conduire celui-ci à ‘’ se débrouiller ’’ pour survivre ».

            Oui, lorsqu’il est trop imbu du fait qu’il est « sacerdos magnus », l’évêque perd la tête ; dès lors, il oublie qu’il est pasteur et se dégrade en tyran, il règle « manu militari » les mésententes qu’il a avec des prêtres « récalcitrants ». L’évêque qui s’imagine qu’il est investi de pouvoir comme l’est un préfet ou un chef de région, qui pense que la mitre et la crosse lui ont été remises pour encorner et matraquer ses collaborateurs, cet évêque-là doit savoir que l’Esprit Saint ne souffle pas pour lui, et que son siège est vacant ipso facto, même si dans tout son apparat il demeure, pour une raison ou pour une autre, habillé de violet !

           Huenumadji AFAN

A suivre

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