Anticipation Logique Elaboration Action

Sacrée pierre bleue !

13/09/2015 19:21

 

« .Nous avons désormais l’exigence d’appeler chaque chose par son nom, pour payer notre tribut de franchise. » SONY  LABOU  TANSI

« Je demande à chaque personne de ce monde de ne pas oublier sa dignité que nul n’a le droit de lui enlever. » Pape François

    Avec les événements survenus le jeudi 10 septembre 2015 à Glidji-Kpodji (Préfecture des Lacs), lors des cérémonies de la « prise de la pierre sacrée » des Gen, il se révèle à suffisance – une fois de plus ! – à quelles dérives, à quel bleuissement, à quel avilissement peuvent conduire les manipulations et autres interférences politiques, qui s’introduisent inopportunément dans la pratique des rites culturels ethniques au Togo…

     Mais plus préoccupante encore demeure la question de la « chefferie traditionnelle », à propos de laquelle il convient urgemment d’apporter une pertinente clarification qui mette fin aux intrigues et à l’arnaque.

    1. Aussitôt qu’ils eurent pris possession des portions territoriales nées de la partition et de la conquête de l’Afrique, les colonisateurs installèrent dans leurs zones d’influence respectives - notamment dans les colonies françaises - des gouverneurs et des commandants de cercles expatriés importés des métropoles. A l’intérieur des terres, ils nommèrent, de façon discrétionnaire, comme chefs de villages, chefs de cantons, chefs supérieurs…, des indigènes ayant un certain profil approprié pour servir de relais administratifs du pouvoir colonial.

    2. Pour la cause, l’administration coloniale ne se privait pas – si cela l’arrangeait – de nommer « chef de village », « chef de canton », « chef supérieur », tel ou tel indigène revêtu de l’autorité morale et spirituelle traditionnelle. Cette pratique a été allègrement reconduite sous « les soleils des indépendances ». Mais il demeure constant, par définition et sans équivoque, que nul ne peut en aucun cas être nommé chef traditionnel par l’administration…

    3. Aujourd’hui, à partir du moment où  la chefferie traditionnelle est affirmée dans son rôle unique de gardienne des us et coutumes, et que la décentralisation met fin à la chefferie administrative – laquelle cède sa place à l’autorité et au pouvoir juridiques des collectivités locales -, il est évident que c’est précisément le refus politique de la mise en place de la décentralisation, qui sème la confusion et la zizanie au sein des populations. C’est donc par très grave méprise, inintelligence ou imposture, qu’il puisse être clamé - par des institutions ou autres personnes physiques ou morales activistes - qu’il existerait dans diverses localités des conflits de chefferie. Subterfuge trop bien commode pour faire diversion, camoufler les interférences et les parasitages, et ajourner indéfiniment la décentralisation !

 

Huenumadji AFAN

A suivre !...

 

BCCM/PS/CHRONIQUE/13092015

 

© 2014 Tous droits réservés.

Créer un site internet gratuitWebnode