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REPUBLIQUE TOGOLAISE

06/12/2014 17:28

 

« Celui qui mourrait pour un culte dont il connaîtrait la fausseté, serait un enragé. »

DIDEROT, Pensées philosophiques, XXXVIII

 28 octobre 1956 – 28 octobre 2006, cinquante ans de République togolaise. Cinquante ans depuis le Referendum fondateur, que d’errances ! Autonomie interne, et manipulations à gogo, pour gogos de tous ordres : indépendance factice, monolithisme partisan, multipartisme formel, … Accord Cadre de Lomé, … Accord Politique Global !...

Oui : signé tambour battant, à Lomé le dimanche 20 août 2006, par  Yawovi AGBOYIBO, Gahoun HEGBOR, Léopold GNININVI, Jean-Lucien SAVI DE TOVE, Henri KOLANI, Fambare Ouattara NATCHABA, Eric AMERDING, et Blaise COMPAORE,  Chef de l’Etat du Burkina Faso, l’Accord Politique Global, dernier-né dans la longue série, est salué par la communauté internationale, ONU (Organisation des Nations Unies) et UE (Union Européenne), comme  acte salvateur dans la vie politique du Togo…

Il s’agit bel et bien d’une supercherie. Consciente de s’être empêtrée dans un bourbier, l’Union Européenne a mis en place un schéma de diversion pour se tirer d’affaire :

     1. La dénomination même de cet accord baptisé « Accord Politique Global » donne une indication sur sa caractéristique : en se définissant accord « global », ledit accord avoue qu’il se refuse à expliciter  les détails. Mais dans quelle mesure ces détails ne constituent-ils pas l’essentiel, et au nom de quoi doivent-ils demeurer en cache ?!

    2. Conçu à l’intention de l’Union Européenne, élaboré « conformément aux vingt-deux (22) engagements souscrits le 14 avril 2004 par le Gouvernement de la République Togolaise à l’issue des consultations avec l’Union Européenne », l’Accord Politique Global, nouvel avatar de l’Accord Cadre de Lomé (ACL), en oblitérant singulièrement l’année 2005, ses événements et leurs impacts, laisse transparaître tout son vrai sens : concevoir et exécuter une stratégie dont l’objectif est de faire accroire qu’il ne s’est rien passé de spécial au Togo, ni politiquement, ni institutionnellement.

    3. Décidément, personne ne veut rater le tournant, comme si c’était l’occasion rêvée : après avoir apparemment lutté contre un régime dénoncé comme étant un régime de dictature et de monolithisme partisan instauré au Togo depuis des décennies, les acteurs politiques ont en fin de compte objectivement créé les conditions de leur enlisement. En désespoir de cause et acculés à se fabriquer une  porte de sortie, les voilà qui inventent cahin-caha  une « feuille de route » miracle ; les voilà qui recourent à un deus ex machina, et qui s’octroient généreusement, pour se flatter, un subtil  « accord politique » aussi bien « global » qu’occulte ; les voilà qui optent pour un « gouvernement d’union nationale », véritable guet-apens par lequel ils approuvent ce qu’ils prétendent condamner…

REFLEXION : A défaut de savoir ce que l’on doit faire, l’on doit savoir ce que l’on ne doit pas faire. Durant un demi-siècle, le Togo a servi de cobaye à des expérimentations politiques inouïes. S’ouvre encore une nouvelle phase… Prosper Mérimée l’avait bien perçu : « Les Noirs… comme c’est simple, cela ne comprend rien… Il ne faut pas de grands frais d’esprit pour attraper les Noirs. » Ah, s’il vivait encore aujourd’hui, l’auteur de Tamango ajouterait sans ambages :

Assurément, l’extravagance est la vertu la mieux partagée en République togolaise !

Huenumadji AFAN 

A suivre !...

BCCM/PS/CHRONIQUE/04092006

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