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Qu’est-ce qu’un écrivain ?

05/12/2014 00:20

 

Il y a une pensée qui peut se développer au sein de la norme imposée.

Mais la pensée la plus originale est celle qui, dans son propre mouvement,

tansgresse la norme.

Edgar MORIN

 

 Est littéraire une œuvre qui possède une aptitude à la trahison.

 Robert ESCARPIT

 La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes,

elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple. 

David HUME

 Problématique

    Cf. Ecrivain Wikipedia :

Un écrivain est un auteur littéraire dont les textes sont officiellement publiés par une maison d’édition    (en général dans un livre, un magazine ou une revue) afin d’être lus. Ces textes sont généralement protégés par un droit d’auteur.

    Sont classiquement considérés comme écrivains les gens qui pratiquent un métier relevant de l’écriture littéraire :

    Quand une personne cumule plusieurs de ces activités, on utilise souvent le terme générique d’« écrivain » ou « auteur ».

    Certains métiers ne remportent pas l’adhésion de tous pour être classés comme formes d’écriture littéraire, notamment :

    Il n’y a pas vraiment de critères objectifs sur ce sujet, seulement des opinions. D’autre part, l’utilisation grandissante de médias autres que les livres, magazines ou revues de qualité (par exemple de médias hybrides cumulant textes, sons et images) conduira peut-être à élargir le cercle des métiers classés sous le label écrivain.

  Mise au point :

   1. C’est l’évidence : ceux qui sont formatés à n’apprécier que les écrivains poètes, dramaturges, romanciers, ont tendance à promulguer que les écrivains sont poètes, dramaturges, romanciers…

    La littérature est le seul domaine de l’art où l’œuvre artistique est définie par un regard extérieur à l’auteur. Il est absolument impertinent de considérer que l’écrivain n’est écrivain qu’en tant qu’il est poète, dramaturge, romancier. La condition nécessaire  et suffisante pour être écrivain, ce n’est pas d’être écrivain poète, dramaturge, romancier, c’est d’être écrivain.

    Oui, j’entends tonitruer de sinistres mandarins : « Vous voulez être des écrivains ? Soyez poètes, dramaturges, romanciers… » Non ! Aucun écrivain n’est tenu d’être poète, dramaturge, romancier. L’écrivain n’est tenu à rien. Il est écrivain.

    L’écrivain est écrivain en tant qu’il se donne lui-même pour écrivain, en tant qu’il est perçu comme écrivain par un tiers, personne physique ou morale. L’écrivain, c’est quelqu’un qui pratique l’écriture, et qui s’identifie lui-même comme écrivain, ou qui est étiqueté comme écrivain par un système plus ou moins institutionnel : édition, critique et cercles littéraires, prix, lauréats et autres académies.

     L’écrivain, c’est l’individu écrivant, qui se définit lui-même comme écrivain, ou qui est perçu comme écrivain par un tiers, personne physique ou morale.

    « En définitive, que faut-il pour qu’une œuvre soit littéraire ? Réponse : Il suffit qu’il y ait intention littéraire. Implication : dès qu’un auteur écrit une œuvre et la présente comme littérature, cette œuvre est littéraire et assure une ou plusieurs fonctions. On aboutit ainsi à une démystification, une démythification des termes « écrivain », « littéraire ». On peut désormais abolir les frontières ; on peut supprimer les discours dogmatiques qui figent ou tentent de figer l’expérience littéraire, qui, dans le fond, est une expérience individuelle, personnelle. » […]

   «  Contre le fait que « c’est toujours le consensus d’une minorité intellectuelle qui décide du littéraire et du non-littéraire »[1] il faut lutter pour une libération et une libéralisation de l’écriture et de la critique littéraire. Il faut mettre fin à tout ce qui va à l’encontre du droit à l’expérience de la littérature, par une méthodologie moins rigide. », Huenumadji Afan, « Fonctions du langage et enseignement de la littérature »,   in Propos Scientifiques, N° 1, décembre 1985

    « Est artiste tout individu qui déclare l’être et qui peut le justifier par une œuvre, quelle qu’elle soit. Seul le public est censeur. Je considère que l’acte d’expression est suffisamment grave pour qu’on se permette de s’y hasarder si l’on n’a rien à dire. », Camille Amouro, « Epars 2012 : la Vérité de l’Art », in La Nouvelle Tribune, 28 juillet 2012

    Il convient de rappeler, à l’attention de toute critique qui se veut scientifique, que ce n’est ni le fond, ni la forme, ni les deux, qui font l’œuvre littéraire. C’est l’intention littéraire, ou de l’auteur, ou du lecteur – que ce dernier soit personne physique ou morale – qui fait l’œuvre littéraire. Autrement dit : la condition suffisante pour qu’une œuvre soit littéraire, c’est que l’auteur donne son œuvre pour littéraire, ou qu’une personne qui reçoit l’œuvre l’apprécie comme étant une œuvre littéraire. La littérature ne saurait donc se concevoir en terme de modèle d’écriture. A cet égard, il est déterminant de se convaincre une fois pour toutes qu’il est aujourd’hui inadmissible de rétrograder la notion de littérature au vieux poncif de parangon de littérature.

  2.  Qu’est-ce qu’une publication ?

    Est publication tout acte d’expression dont l’existence est attestée par un tiers (personne physique ou morale) autre que l’auteur lui-même.

    La publication est constituée par le fait que l’existence de l’acte d’expression est attestée par un tiers, personne physique ou morale.

    Pour qu’il y ait publication, il suffit que l’acte d’expression passe de son auteur à un tiers, personne physique ou morale.

  3. Que dire des chroniques radiophoniques de Mamane sur RFI (Radio France Internationale) ? Il est donc aujourd’hui inconcevable, d’une part, de ramener la problématique de l’expression littéraire à sa seule dimension esthétique, et, d’autre part, de réduire la question de l’esthétique littéraire aux seuls genres consacrés que sont les poèmes, les pièces de théâtres, les œuvres romanesques…

    En tout état de cause, ce dont l’être humain doit se préoccuper, c’est d’acquérir un état de conscience qui lui permette d’être au-dessus des contingences, d’échapper à la pesanteur des contingences, de ne pas être tiré vers le bas, de vivre un présent constamment tourné vers un avenir qui n’ignore rien ni du passé ni du présent.

Huenumadji AFAN

A suivre !...

BCCM/PS/CHRONIQUE/07062013



[1] R. ESCARPIT, L’Ecrit et la Communication, PUF « Que sais-je ? », Paris, 1978, p. 61.

 

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