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QU’EST-CE QUE LA FRANCOPHONIE ?

29/11/2014 17:28

 

« Je n’ai jamais aimé la francophonie, cette espèce de croisade-là,

où on embrigade les gens contre l’anglais. […]Tant qu’une langue est le symbole

 de l’obscurantisme, de l’oppression, c’est gênant. Et le français, c’est ça en Afrique francophone.

C’est la langue du maître. », MONGO BETI

« Nulle « patrie » n’existe qui renie sa langue,

l’asservit, l’avilit pour faire du fric. », ETIEMBLE

    Bien sûr, on peut considérer que, d’emblée, est promoteur de la langue et de la culture françaises, ou de la culture francophone, quiconque a pour métier d’enseigner le français. Pourtant, la pratique d’enseignement du français n’entraîne pas fatalement au militantisme francophoniste : celui-ci demeure une option personnelle et individuelle.

    La Francophonie est une institution politique faussement présentée comme étant une institution culturelle. Cette caractéristique fait d’elle une institution-apartheid, véritable Bantoustanie, mise au service d’une culture dominante pour soutenir une politique de domination.

    La Bantoustanie est un système politique constitué, où le pouvoir s’exerce à partir d’un Etat tuteur, dont d’autres Etats reçoivent et leur indépendance et l’impulsion de leur gouvernance.

    La réalité de la Francophonie, telle qu’elle s’exécute aujourd’hui, est la suivante : l’ensemble des peuples se réclamant d’elle est censé avoir pour phare une culture et des valeurs communes ; mais, en même temps, les peuples de la périphérie sont confinés à garder ou adopter des comportements jugés spécifiques aux réserves territoriales dont ils sont issus ou dans lesquelles ils vivent. A cet égard, Mongo Beti exprime ainsi la tragique frustration qu’il a ressentie dès son retour au Cameroun : « Je ne suis pas content pour diverses raisons. D’abord, j’ai vécu là-bas, en France. J’avais toutes sortes de droits là-bas. Pourquoi ça doit se passer différemment ici ? J’ai toujours été humilié par cette situation : quand je suis en France, je suis un citoyen, j’ai des droits, je peux voter, je peux descendre dans la rue avec des pancartes pour manifester mes opinions. Mais quand je suis dans le pays où je suis né et qui fut une colonie française, je ne suis rien. Je n’ai plus les mêmes droits. » (Ambroise Kom, Mongo Beti parle, Testament d’un esprit rebelle, Editions Homnisphères, Paris, 2006, pp.120-121)

    En particulier, la Francophonie travaille pour que les entités ou sous-entités politico-économico-culturelles comme la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, l’Union Economique et Monétaire de l’Ouest Afrique, le Conseil de l’Entente… et leurs ailes marchantes (Bceao, Cames, Ohada…), s’activent et s’utilisent dans l’intérêt, selon les situations, de la France ou des puissances étrangères et de leurs réseaux. Mieux : dans ses propres ambiguïtés, la France est aujourd’hui interpellée : est-elle européenne ? méditerranéenne ? francophonienne ?

    Quant aux ressortissants des pays membres de la Francophonie, que font-elles de leurs langues et cultures maternelles ?...

Sommation :

         Tant qu’elle demeurera un conglomérat d’Etats, la plupart indûment « indépendants », satellites d’une Métropole superbe et tracassière, la Francophonie ne sera jamais rien d’autre que la forme la plus achevée de l’Apartheid !

Huenumadji  AFAN

A suivre !...

BCCM/PS/CHRONIQUE/09112010

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