Anticipation Logique Elaboration Action

Monastique

29/11/2014 15:58

« Les hommes libres sont des déchireurs d’horizon. Ils dérangent, avec une insupportable lucidité,

les hommes qui vivent en surface, et les institutions qui s’enlisent en elles-mêmes. »

G. BESSIERE, Le feu qui rafraîchit, Epiphanie, Paris, Editions du Cerf, 1978, p. 36

 

    Que faut-il pour gagner son pain ? – Trouver du travail et s’y appliquer. C’est essentiel,     et c’est tout l’essentiel. Et lorsque l’on n’a pas de travail, l’on ne doit s’en prendre qu’à      soi-même. C’est qu’on n’a pas la formation, le diplôme, le profil requis. Battez-vous pour avoir une formation, vous n’aurez pas du travail, car votre formation n’est pas « professionnelle ». Ayez une formation « professionnelle », et vous n’aurez pas de profession, car vous n’avez pas d’expérience « professionnelle ». Ayez de l’expérience « professionnelle », et l’on vous conseillera de vous former à l’ « auto-emploi »…[1]

    En réalité, ce n’est pas la formation qui donne la profession, c’est la profession qui donne la formation… Au reste, c’est pure anomalie, pure absurdité que se retrouvent brutalement en « chômage » des individus-citoyens dont le travail manifeste jusque-là est précisément d’être en situation d’éducation ou de formation ! Que voudrait-on reprocher à ces « chômeurs » ? D’avoir fait consciencieusement leur travail, celui d’être en situation d’éducation ou de formation ? …

    Dans les monastères, - que ce soit chez les Clarisses, que ce soit chez les Bénédictins, … -,    il n’est exigé, de l’aspirant ou du postulant, ni formation ni qualification professionnelle quelconque comme condition d’admission. Le postulant est invité à adhérer au charisme fondateur, à l’esprit monastique : être au service de soi-même par le service des autres. Puis il s’intègre à la communauté, se qualifie dans tel domaine ou dans tel autre, au jour le jour, par l’observation et la pratique. Surtout : sa condition de novice ne le minorise nullement quant à la satisfaction des besoins vitaux, nourriture, logement, vêtement… Logé à la même enseigne que l’abbé ou l’abbesse ! 

    Sentence : Messieurs les décideurs, qui vous êtes mis en charge du devenir des Etats, et qui vous piquez d’avoir pour préoccupation le bonheur des peuples, cessez de faire diversion. Mettez les bœufs avant la charrue ! Renoncez à vos privilèges, mettez les individus-citoyens au travail, donnez-leur des emplois : ils seront forcément qualifiés ! Pour le bien de la communauté humaine…

Huenumadji AFAN

A suivre !...

BCCM/PS/CHRONIQUE/03082014


[1] L’on perçoit bien les limites d’un double mythe : le mythe de l’auto-emploi et le mythe de la création des emplois par les entreprises. C’est pure supercherie que de prétendre former à l’auto-emploi. Quant à la problématique de la création d’emplois par les entreprises, il s’agit bel et bien d’une illusion : le propre de l’entrepreneur, ce n’est pas de créer des emplois, c’est de produire du gain pour soi-même.

 

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