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LE NON-CONFORMISME

06/12/2014 16:53

 

« Ils vous excluront des synagogues ; et même l’heure vient

 où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu.»

Evangile selon saint Jean, XVI, 2.

    Qu’est-ce que le non-conformisme ? Cette question revient souvent dans le courrier que des lecteurs daignent m’envoyer depuis la publication de mon ouvrage L’évangile Chaka (Editions L’Harmattan, Paris, janvier 2006).

    Je voudrais répondre à cette question :

    1. Le non-conformisme n’est pas le refus d’avoir une référence : le non-conformiste au contraire affirme de qui il se réclame, de quel maître il est le disciple afin d’indiquer de quelle obédience il n’est pas, de quel côté il n’est pas, dans quel sac l’on ne doit pas le mettre.

    Le non-conformisme n’est pas le refus de se conformer ;  c’est la capacité de l’individu non-conformiste, c’est la possibilité qu’il se donne de ne pas se conformer à une option contraire à ses convictions profondes. Adepte de la tolérance, le non-conformiste n’est jamais partisan de la mauvaise foi.

    Le non-conformiste est un individu libre : il ne s’exprime et ne se comporte que par rapport à lui-même. Il n’accepte ni de se laisser enfermer dans une quelconque catégorie d’identification, ni de porter comme un tatouage indélébile une étiquette autre que celle du non-conformisme.

    Le non-conformiste est un résistant. Il s’érige imperturbablement contre toute pression de groupe, particulièrement contre toute forme de solidarité obscurantiste.

    2. La société des hommes est organisée sur un mode d’embrigadement permanent. Tout au long de sa vie, l’individu est confronté à la problématique du groupe : il est en toute circonstance fiché dans un groupe, dont il est interpellé à porter, de gré ou de force, la marque ; dont il devient l’otage ; qui en fait au besoin son instrument ; qui peut en son nom –prétendument pour lui mais davantage contre lui- exécuter des programmes auxquels il est souvent totalement étranger. Sommé d’avoir mauvaise conscience de soi s’il déroge aux injonctions, l’individu ne peut accéder à la lumière s’il ne se donne pour mission de s’affranchir de toute pesanteur ; s’il n’entre en résistance…

    3. S’il est admissible, pour convenance sociale, que l’étiquetage puisse sembler commode ou rassurant, le fait pour des individus de s’identifier, à tort ou à raison, comme membres d’une cellule –quelle qu’elle soit- ne constitue pas en soi une fatalité qui leur impose de s’agréger indéfiniment les uns aux autres sans discernement. Les événements qui surviennent, ainsi que les discours qui les enveloppent, doivent, à chaque fois, s’évaluer à l’aune d’une conscience résolument lucide, par-delà tout respect humain et toute peur d’une quelconque inquisition. Immatriculé au troupeau, l’individu humain ne doit jamais se réduire en élément de troupe. L’individu humain doit comprendre qu’il ne doit son salut qu’à un prix : oser prendre « la décision fondamentale de ne plus penser au quotidien, à sa carrière et au succès comme étant le but ultime de l’existence », oser choisir le parti de  refuser de se faire aveugle par solidarité avec les aveugles.

    4. Oui, être dans le monde sans être du monde ! Nul lien ne doit demeurer, qui va à l’encontre des liens de liberté et de clairvoyance. En tout état de cause, l’individu humain doit rester en permanence à l’écoute de son propre charisme…

Huenumadji AFAN

A suivre !…

BCCM/PS/CHRONIQUE/16042007

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