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Le concert n’est pas du vodou

29/11/2014 15:33

« Nous qui sommes hommes, ne savons-nous pas bien jusqu’à quel point d’autres hommes ont pu être ou imposteurs, ou dupes ? » FONTENELLE

     J’ai lu avec intérêt l’analyse de Bernard Müller, publiée le 26 septembre 2014 sur le site internet www.togocultures.com, et portant sur l’ouvrage d’Ayayi Togoata Apedo-Amah, Théâtres populaires en Afrique : l’exemple de la kantata et du concert-party togolais (Editions Awoudy, Lomé, 2013). Cette analyse, toute pertinente, interpelle toute conscience en lutte contre les préjugés, et en vigilance active face aux artifices protéiformes de l’ordre prédateur.

1. L’on ne doit pas s’y tromper : l’ouvrage d’Apedo-Amah n’est pas un appel à une réhabilitation du vodou ; il ne traite pas du vodou, il traite du théâtre populaire.

2. Si important et si spectaculaire soit-il, le vodou n’en demeure pas moins qu’un aspect de la culture des peuples où il se pratique. Certes, le théâtre populaire, le concert-party en particulier, peut intégrer des éléments culturels vodou ; certes, il peut porter sur la thématique vodou. Mais le concert-party n’est jamais du vodou. Et le vodou, malgré ses exhibitions théâtrales, n’est jamais du théâtre. Le concert-party est une pratique artistique ; le vodou est une pratique religieuse. Aucune séance de concert-party ne saurait être assimilée à un culte vodou. Aucune séance cultuelle vodou ne peut s’admettre comme jeu théâtral.

3. La maîtrise, même excellente, du concert-party ne fait pas du comédien un adepte du vodou ; être prêtre vodou n’induit pas que l’on devienne comédien du concert-party. Précisément : le vodou n’est pas la condition sine qua non de l’émergence du concert-party.[1]

Huenumadji AFAN

A suivre !...

BCCM/PS/CHRONIQUE/13102014



[1] Somme toute, il s’impose de faire ces distinguos indispensables, sans lesquels toute entreprise d’édification culturelle ou scientifique de nos sociétés risque d’être illisible, voire indument obscurantiste.

    Par ailleurs, il convient de s’interroger : en quoi – sous le couvert parfois d’un faux prosélytisme vodou dominé par une logique foncièrement muséographique - la collection d’objets cultuels vodou arrachés à leur environnement cultuel, – donc dénaturés -, ne constitue-t-elle pas un génocide cultuel ou culturel ?

 

  

 

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