Anticipation Logique Elaboration Action

EN TOUTE TRANSPARENCE-VERITE

29/11/2014 16:42

 

« […]Les hommes libres sont des déchireurs d’horizon. Ils dérangent, avec une insupportable lucidité,

les hommes qui vivent en surface, et les institutions qui s’enlisent en elles-mêmes. »

G. BESSIERE, Le feu qui rafraîchit, Epiphanie, Paris, Editions du Cerf, 1978, p. 36

La lecture du livre de Bernard DROZ intitulé Histoire de la décolonisation au XXème siècle, publié à Paris en octobre 2006 aux Editions du Seuil, dans la collection « L’Univers historique », me conduit, s’agissant du cas du Togo en Afrique de l’Ouest ( cf. pages 313 et 355 de l’ouvrage), à faire les observations ci-après :

1.       L’héroïsation mythique de personnages historiques d’Afrique Noire a été tolérée, voire orchestrée par les puissances colonisatrices, dans la mesure où elle permet de laisser croire illusoirement qu’il y a eu « décolonisation », « indépendance », et que les remous survenus çà et là sont à mettre au compte de rivalités internes.

2.       L’échec de Sylvanus Olympio porte sur deux points :

-          la « réunification de l’ethnie éwé » ;

-          l’ « indépendance » du Togo.

3.       L’habileté politique de Sylvanus Olympio a été d’avoir, en complicité avec l’ONU et grâce à la condescendance de la France, su récupérer les acquisitions minimales obtenues par ses adversaires politiques :

-          l’érection du territoire du Togo en République Togolaise ;

-          la levée de la Tutelle de l’ONU sur la base de l’organisation d’élections législatives anticipées, conformément à la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU en date du 29 novembre 1957 ;

-          l’indépendance en association avec la France.

4.       Sylvanus Olympio accepta de s’insérer dans le processus qui gouverne ces acquisitions, la Loi-cadre, processus qu’il avait pourtant vivement combattu, et qui était enclenché au Togo depuis 1956 : ceci lui valut, à la suite de la victoire de ses partisans aux élections législatives anticipées du 27 avril 1958,  d’être Premier ministre (16 mai 1958- 9 avril 1961), prenant la relève de Nicolas Grunitzky. Sylvanus Olympio apparaissait ainsi aux yeux de la France comme étant « l’enfant prodigue » revenu au bercail. Et c’est dans ces conditions que l’ « indépendance » du Togo fut négociée… Elu Président de la République le 9 avril 1961, Sylvanus Olympio prit, en décembre 1962, la décision de  créer  une monnaie togolaise garantie par la banque centrale de la République Fédérale d’Allemagne. Cet acte en particulier donna le signal manifeste d’une rupture unilatérale des accords, d’un renversement d’alliance, et prit valeur d’ultimatum. Dès lors, pour la France qui, jusque-là, était loin d’être regardante sur sa « gestion autoritaire », Sylvanus Olympio se révéla  comme étant un traître gonflé d’outrecuidance…

Le cas du Togo prouve assez bien que l’opportunisme politique est une stratégie payante, seulement s’il se joue entre des adversaires politiques plus ou moins égaux. Face aux « Grands », aux puissants de ce monde, il est toujours ravageur pour les plus faibles. Si l’objectif recherché est réellement l’évolution de l’Afrique, il vaut mieux s’astreindre à identifier les problèmes en toute transparence et en toute vérité, plutôt que d’organiser, à l’intention de populations naïves, du camouflage forcené d’où surgiront des solutions-problèmes qui ne seront que pure diversion, et qui, d’imbroglio en imbroglio, ne feront que diversifier, amplifier, perpétuer les mécanismes d’asservissement des peuples. Tous les hommes libres doivent proclamer cet évangile.

Huenumadji AFAN

A suivre !

BCCM/PS/CHRONIQUE/06022007

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