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Chemin de croix

08/05/2015 15:12

« Nous avons à mettre en relief le cœur même du message chrétien.

Nous avons « sacramentalisé » le peuple chrétien sur une large échelle,

nous ne l’avons pas suffisamment « évangélisé.

Telle est la situation de fait. »

Cardinal SUENENS

 

    Partout à travers le monde, en ce jour du vendredi saint, 03 avril 2015, ils ont encore sacrifié à la tradition : particulièrement au Togo, en cette terre damnée de « République » monarchique dynastique, les voilà nombreux, très nombreux, la plupart vêtus de rouge, répondant à l’appel pressant du « Chemin de croix ».

    Certains demeurent convaincus qu’il leur faut – par une piété démonstrative – faire la preuve qu’ils sont redevenus fils de Dieu, méritant ainsi d’être d’emblée, grands prédateurs rachetés sans conversion, entraînés, autant et en même temps que leurs victimes, jusqu’au divin paradis. Par le sang de Jésus ! C’est si simple : il suffit de « faire pénitence », en allant rôtir un peu ses genoux sur le chaud macadam…

    Parbleu ! « Pourquoi oublie-t-on si vite que Jésus a été condamné à la mort, à la croix, parce qu’il était un révolté, un révolté de l’amour ? Jésus n’est pas mort de mort naturelle, il n’est pas mort par accident, il a été exécuté, au terme d’un procès. C’était le procès de toute une vie. Jésus a été condamné parce qu’il voulait créer un monde nouveau – le royaume de Dieu – et qu’il invitait tous les hommes, sans se laisser entraver par les barrières sociales, morales, religieuses, nationales. On lui reprochait d’inciter à la grève de l’impôt, d’être prêt à soulever Israël, d’avoir méprisé le Temple, de se faire l’égal de Dieu ! On aurait pu l’accuser de subversion générale, car il voulait tout changer de la vie. On l’a conduit hors les murs, et on l’a crucifié. Comment aurait-on pu garder dans la cité un homme si contagieux d’humanité divine ? Jésus a été tué parce qu’il était trop vivant. »[1]

    Sentence :

    Ceux qui sont brimés, écrasés, exclus du jeu de la « réussite sociale », ceux-là veulent – par compensation – gagner le ciel ; ceux qui briment, écrasent, excluent les autres, ceux-là tiennent à être – en rallonge – encore juges et triomphateurs dans l’au-delà… 

    Malheureux dévots et autres grands pratiquants assermentés, adeptes invétérés d’une métaphysique sanglante fétichiste, d’une impénitente catéchèse de mortification, d’une morale individuelle de diversion, n’oubliez surtout pas le chemin. Celui de la vérité et de la justice.  Et substantiellement de la justice sociale. C’est cela, le chemin de la croix !

 

Huenumadji AFAN

A suivre !...                       

 

BCCM/PS/CHRONIQUE/03042015



[1] G. Bessière, Dieu est bien jeune, Paris, Cerf, 1976, pp. 139-140

 

 

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