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En Tunisie comme en France

06/11/2014 15:55

PAVILLON HA/BCCM/27052002

Pour Jack Lang, ministre français de la culture sous François Mitterrand, et de l’éducation nationale sous Lionel Jospin, le referendum organisé en Tunisie le 26 mai 2002 par le président Ben Ali est la preuve massue de la dérive autocratique du régime tunisien. Et d’interpeller les « autorités françaises » afin qu’elles aient à l’œil un cas excentrique qui risque de faire école…

Rares sont ceux qui ne pensent pas comme Jack Lang. L’on ne saurait en effet admettre que le dictateur de Tunis se permette de s’octroyer une « présidence à vie », affrontant effrontément une opinion internationale aujourd’hui apparemment intransigeante à l’égard de tout ce qui, en matière de démocratie, ne semble pas faire chorus aux modèles intronisés.

Et pourtant, rien dans la forme ne justifie les attaques dont le président tunisien est l’objet : en 2014, s’il est toujours président, il aura totalisé vingt-sept ans de pouvoir ; avouons que c’est un chiffre en dessous d’une certaine moyenne de longévité observable dans beaucoup de pays membres de l’ONU, membres de la francophonie, et singulièrement en Afrique. En outre, sur la base de la constitution adoptée le 26 mai 2002, Ben Ali est tenu de prendre sa retraite politique, en gros à l’âge que le président français Jacques Chirac aura dans cinq ans. Or, dans cinq ans l’actuel président de la République française pourra encore se porter candidat à l’élection présidentielle française conformément à la constitution de la France ! La présidence à vie est donc ailleurs qu’en Tunisie…

Et si le reproche fait à Ben Ali c’est d’être un dictateur, il faut alors constater qu’il l’est depuis quinze ans déjà, et qu’ayant été si bien toléré, il peut être honorablement gratifié de quinze autres années ! Aider un dictateur à prospérer ne serait-ce qu’une seule année, c’est lui assurer une survie de quinze, trente ; une longévité de trente-cinq, et pourquoi pas de … soixante-dix ans au pouvoir !…

Entre nous : lorsque la politique fait l’impasse sur l’éthique de la vérité, elle se condamne à ne vivre que d’imbroglio.

Huenumadji AFAN

      A suivre !…

 

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