Anticipation Logique Elaboration Action

A HUE ET A DIA !…

06/11/2014 16:52

BCCM/PS/CHRONIQUE/12102002

L’histoire retiendra que le 10 octobre 2002 la constitution togolaise du 14 octobre 1992 fut modifiée pour la première fois. Ainsi, dix ans après sa promulgation, la loi fondamentale a subi sa première retouche.

Cette modification a un mérite certain de clarification : en choisissant de mettre les pieds dans le plat, le pouvoir a enfin mis à exécution, à la face du monde, un projet mijoté depuis si longtemps, et dont l’image demeurait toujours virtuelle ; il s’agissait pour le pouvoir d’ouvrir une brèche dans ce qui semble symboliser le dernier repli des « mutins ». Après ce premier pas, viendra, à coup sûr, un second ou un deuxième, qui touchera, probablement, l’essentiel visé…

Pour l’heure, le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais) a fait une frappe significative. Il a réussi à s’offrir tout seul le plaisir d’une modification de la constitution à son profit exclusif. Sous prétexte que l’Assemblée Nationale, soupape de sécurité de la continuité de l’Etat, ne saurait être une institution évanescente, le pouvoir a introduit dans l’article 52 de la constitution une disposition stipulant que « les membres de l’Assemblée sortante par fin de mandat ou dissolution restent en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de leurs successeurs ».

Ouais : aujourd’hui que l’Assemblée est monocolore, le pouvoir introduit une disposition dont l’opportunité pouvait s’admettre effectivement par rapport à la crise et particulièrement dès l’amorce du dialogue intertogolais le 20 novembre 1988, laquelle disposition aurait empêché précisément la survenue de l’Assemblée monocolore ! L’on se souvient qu’au cours de la législature 1994-1999 des associations affiliées au RPT, notamment l’UNCT (Union Nationale des Chefs Traditionnels), avaient réclamé à cor et à cri la modification de la constitution. Dès qu’il sentit que l’opposition parlementaire était disposée à l’idée d’une modification, le RPT ravala subitement ses velléités. Le pouvoir se rendit bien vite compte qu’avec au moins trente-deux (32) voix, l’opposition parlementaire était alors bien armée pour faire barrage aux modifications tendancieuses !…

Au demeurant, une certaine opposition a toujours feint de croire, et a laissé croire, à tort, aux populations que la constitution togolaise du 14 octobre 1992 serait intangible. Quant aux autres, qui avaient encore l’avantage d’être à l’Assemblée, ils se sont laissés intimider par leurs « alliés », bradant impitoyablement les acquis juridiques et politiques dont ils étaient pourtant les régisseurs mandatés. La suite, on la connaît : tout le monde a couru pour signer un Accord-Cadre mortel !… Ainsi, par le cynisme des uns et l’irresponsabilité des autres, l’opposition est complice, par prévarication, de toute dérive induite du monopole absolu que le RPT détient aujourd’hui en matière de révision de la loi fondamentale. Le même cynisme et la  même irresponsabilité s’observent lorsque, au regard d’élections législatives anticipées qu’ils ont erronément négociées sans jamais avouer leur forfait, des signataires membres de l’opposition lancent, le 10 octobre 2002, un « appel  à la population à ne pas aller retirer la cartes d’électeurs », sachant pertinemment que les opérations de retrait des cartes ont commencé le 1er octobre 2002 et sont en partie terminées le 08 octobre 2002. !…

Toutes incongruités sur le dos du peuple tiré à hue et à dia par le pouvoir et l’opposition !…

Huenumadji AFAN
A suivre !… 

Internet  (Propos Scientifiques :  www.mediaspora.net)

 

© 2014 Tous droits réservés.

Créer un site internet gratuitWebnode